Im-pec-cabe!
La première ES3 du lycée Jean Renoir au Sénégal
Im-pec-cabe!
Hier matin, huit d'entre nous sont allés à l'association village pilote. Cette association s'occupe d'enfant des rues. Elle existe depuis une quinzaine d'années et elle peut accueillir jusqu'à 20 enfants recueillis dans la rue. Nous avons pu assister à une partie du cours d'alphabétisation. Les élèves étaient enthousiastes et très heureux de nous accueillir. Leurs sourires nous ont touché alors nous avons décidé de revenir lundi matin pour partager une activité avec eux.
La réunion s'est terminée en débat général et en cacophonie drôle et passionante, car nous avions parmi nous 5 personnes attendant de rejoindre leur conjoint qui nous ont interpelé sur le parcours du combattant (visas, tests...) qu'ils devaient effectuer pour rejoindre la France. Ils s'apprêtaient à passer le test de Français et celui sur les valeurs de la république. C'est vrai que nous n'avons pas eu à passer des tests et à attendre des mois pour pouvoir aller au Sénégal!

Nous nous sommes rendus au Parc Zoologique de Hann dans l’après-midi.Une fois sortis de l’espace Thialy vers 14h30, en route pour l’Institut Pasteur avec la classe répartie dans deux cars. Début des péripéties, notre minibus tombe en pane. Deux minutes plus tard, tentative pour redémarrer. Le car… recule. On recommence, le chauffeur se glisse dans le moteur quelques instants et miracle : le car redémarre… pour deux petites minutes.
Finalement, on descend du minibus pour emprunter les transports en commun dakarois, soit un magnifique autobus coloré nommé Touba, le même que celui qui faisait briller nos yeux depuis un quart d’heure. A l’arrière il est écrit «bonne chance ». Justement c’est ce qui nous a manqué. Nous voilà donc enfin en route pour l’Institut Pasteur. Quelques kilomètres plus tard, un drôle de bruit : nous avons crevé. Après une grosse vingtaine de minutes (voir les photos) sous le soleil au bord de l’autoroute, nous voici véritablement partis pour l’Institut Pasteur. Avec un léger retard d’une heure.
90% des enfants sénégalais sont scolarisés. On pourrait penser que ce chiffre est très encourageant mais au fur et à mesure qu'ils passent en classes supérieures, la moitié des élèves abandonne. La perspective de trouver un travail est très mince, c'est pour ça que l'Etat organise une émigration légale en France. Ces étudiants passent les diplômes des grandes écoles : 2500 à 3000 chaque année. S'ils ont une mention ils peuvent renouveler leur visa, et on peut donner un an de plus pour une expérience professionnelle. Cette émigration légale est dans le but d'un retour. Mais hypocritement on remarque bien que l'Etat français ne veut pas perdre ces nouveaux arrivants sur le marché du travail. Et pour eux, l'avenir en France est plus prometteur qu'au Sénégal.